PRÉSENTATION

Notre objectif: "réfléchir autrement" au monde dans lequel nous vivons, compte-tenu de la complexité des nouvelles problématiques du monde contemporain et de la société.
Le monde va vite, la vitesse de diffusion des informations révolutionne, perturbe nos modes de pensée et de vie, ce qui crée une apparente confusion. Il nous faut trouver les clefs de compréhension des nouvelles logiques mondiales qui influencent notre vie afin de mieux maîtriser ces changements inéluctables pour mieux vivre ensemble. La mondialisation qui entraîne la confrontation de différentes cultures et de différentes valeurs chamboule nos certitudes et nous remet en cause. Et c'est bien! Il nous faut nous débarrasser des opinions mais bien renouer avec les idées. Il nous faut innover, penser le monde autrement.
Notre cercle de réflexion se compose de membres de sensibilités, de formations et de profils différents: juriste, avocat, médecin, neurologue, psychiatre, artiste peintre et géographe, cadre, ingénieur, sculpteur, élu, publicitaire, retraité, actif, jeune et moins jeune ... Nos parcours de vie et de profession nous permettent de mettre en commun des approches intellectuelles différentes, de confronter nos points de vue et d'aborder des idées nouvelles. Nous n'avons pas de solutions prêtes à l'emploi mais beaucoup de bonne volonté et foi dans l'avenir de l'humanité. Nicole Anquetil, présidente du Cercle Montesquieu du Mans.
Les adhésions et les contributions sont les bienvenues et seront soumises à la Rédaction.

mercredi 6 juin 2018

Un conférencier dynamique et percutant hier au Cercle Montesquieu, un sujet brûlant sur l'Etat

Hier soir Claude Bonnet, inspecteur général honoraire au Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, nous a offert une très belle leçon sur le démembrement de l'action publique et les risques de dérives, un regard averti sur le ministère dans lequel il a travaillé mais aussi sur l'état de la France.
Je connais Claude Bonnet depuis 15 ans l'ayant reçu chaque année dans ma classe préparatoire HEC du lycée Gabriel Touchard. Il bousculait les étudiants avec son approche réaliste et dynamique des grandes questions de géopolitique ou de l'état de la France, les forçant à réfléchir de façon critique,  à se poser les bonnes questions sur l'actualité. Sa culture et sa grande liberté de parole ont toujours eu le pouvoir de nous sortir d'un certain train-train quotidien. J'appelais ses interventions des "remue-méninges"! Pari réussi pour nos méninges hier soir... "Utile décidément de réfléchir à l'évaluation de l'action publique et de pénétrer dans les arcanes des opérateurs de l'Etat, souvent essentiels et pas toujours bien perçus dans la conduite de leur mission". Nicole Anquetil.





En 2009 au lycée Touchard. Non non, nous n'avons pas vieilli!

Le cadeau du professeur BONNET: un plan détaillé sur la question posée

 LE DÉMEMBREMENT DE L’ACTION PUBLIQUE
ET LES RISQUES DE DERIVES :
QUEL REGARD POUR LA TUTELLE ET SA QUALITE ?
Par Claude BONNET
Inspecteur général honoraire au ministère de l’Ecologie
claude.bonnet.ig@gmail.com
5 juin 2018,  Cercle Montesquieu


*une origine découlant des 30 Glorieuses et de la reconstruction : l’Etat à la manœuvre au premier rang, dans une filiation au programme social et économique du CNR : il faut combiner efficacité et souplesse
*extension considérable des domaines d’intervention et du poids de ces outils qui ne sont pas tous des domaines régaliens mais le côtoient toutefois (environnement, protection de la nature et des littoraux, Parcs nationaux, secteur de santé, secteur nucléaire : leur professionnalisme est souvent cité en exemple comme l’affichage de leur indépendance extrême (ASN) malgré des performances finalement très inégales qui empêchent un jugement « globalement positif » ;
-leurs résultats d’exploitation négatifs s’ajoutent à celui de l’Etat (et à sa dette) ; ce qui accroît le déficit public global intégrant les opérateurs
-mais quand ces opérateurs font des bénéfices, ils sont souvent pressurés pour contribuer par oukaze, bien maigrement, à la politique de réduction du déficit global d’Etat (moindre subvention, compression d’effectifs) ; ou alors la subvention pour charge de service public est réduite pour l’exercice suivant
*leviers juridiques multiples et pas toujours logiques (EP, SApublique) pour caractériser l’action de ces opérateurs d’Etat : le risque de conflit d’intérêts n’est pas nul pour une catégorie de hauts dirigeants issus de l’Administration comme l’a subi le dirigeant à ORANGE dans une procédure de plusieurs années ;  au surplus l’apparition de multiples filiales souvent privées de ces groupes (bénéficiant parfois des faiblesses ou rigidités de la maison-mère comme SNCF ou jouant d’une logique libérale conquérante comme Keolis et son bons résultats domestiques et à l’international) complexifie  et obscurcit le rôle de la puissance publique
*les missions affichées dans l’objet social sont souvent amples (trop) voire trop globales comme pour la CDC,  EP sui generis depuis 2 siècles et assez mal maîtrisé (malgré une surprenante présidence du Conseil de surveillance par un parlementaire), ce qui permet avec le temps une diversification d’activités parfois insolites, sur des domaines peu cohérents (renflouement par ex de la Compagnie des Alpes gérante notamment des stations emblématiques des 3 vallées) :
-un recentrage est engagé utilement par le nouveau DG en 2018 pour resserrer le management (un adjoint et un Comité exécutif de 5 membres) et clarifier des liaisons provisoires ? entre géants potentiellement concurrents (épargne ou caisse de retraite, la Poste) ; « au service de l’intérêt général et du développement économique du pays ; placé sous la protection de la nation » : avec de telles références issues du contexte troublé de 1816 (rassurer l’épargnant sous la Restauration, jouer la stabilité), l’organisme peut tout faire au service de la veuve et de l’orphelin, comme des grands intérêts de l’Etat bourgeois et s’ouvrant au capitalisme bancaire (les deux premiers dirigeants sont restés en poste environ 30 ans chacun)
*beaucoup de DG de ces opérateurs sont attirés par une extension flatteuse de leur assiette de compétences et en persuadent le CA (prestations sur l’étranger comme IGN ; prises de participation diverses, création de filiales   etc) : leur origine souvent d’ancien Directeur d’adm centrale repositionné et promu à ce poste leur donne la conviction d’une certaine marge de manoeuvre (ils libèrent un poste de DAC guigné par d’autres ou alors quand le ministre exige une mutation brutale)
*un kaléidoscope invraisemblable qui perturbe toute lisibilité dans la stratégie d’Etat dans des domaines clé comme l’industrie (s’en mêler mais jusqu’où), l’énergie ou les transports. L’absence d’un ministère clair de l’industrie (domaine rattaché en l’espèce à Bercy- on se rappelle A. Montebourg) est un aveu d’impuissance ? On est loin du contexte du gouvt Pompidou avec un grand ministre de l’Industrie, ingénieur des Mines André Giraud qui a lancé une vraie dynamique industrielle dans les années 60
*une tutelle diversifiée (plutôt interministérielle) et souvent lointaine et molle dans sa mission, en tout cas trop souvent peu réactive voire illisible
*couplée à un management  parfois solitaire et vertical par suite d’ego surdimensionné de dirigeants surdiplômés et intouchables- parfois concurrents pendant de longs mandats (Areva sous le magistère tout puissant d’Anne Lauvergeon, ingénieur des Mines longtemps protégé par F. Mitterrand puis J. Chirac (en première ligne dans tous les voyages présidentiels en Afrique) ; voire EDF sous le mandat de H. Proglio,) :  la responsabilité publique est  alors dévoyée ou mise en berne
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*une lacune trop fréquente dans la stratégie de ces organes exprimée sur long terme initiée par les pouvoirs publics eux-mêmes aux positions divergentes et changeantes : Bercy, Matignon, Elysée en sus du ministère officiel de tutelle : les échéances électorales incitent soit à la politique de l’autruche soit à des arbitrages fragiles, en demi-teinte et/ou contre-performants ; la rotation des ministres est un facteur de fragilité
*la mission même de service public dans d’anciens secteurs monopolistiques (télévision ou radio après l’époque de l’ORTF)) n’est pas toujours stabilisée et bien définie, avec un organigramme évolutif [longtemps en silos par chaîne et perspectives de responsabilité par contenu transversal –selon les projets de l’actuelle PDG : ex des messages et spécificités culturelles délivrés par la TV restée publique (quels renforcements de contenus ; quel volume de productions pour les territoires avec FR3, ou idem pour Radio France qui a connu une péripétie de présidence avec une éviction décidée par le CSA. La contrainte comptable et les rabots budgétaires dénaturent une stratégie qui se voudrait stabilisée en impliquant le numérique (ex des fameux 50 M de coupes budgétaires brutales imposées en 2017 pour FTélévision qui ont été perçues comme une provocation par les syndicats (un budget opérationnel de 4,4 Mds) ; le non remplacement partiel des départs en retraite est une autre réponse pour des économies, mais la démarche a été mal annoncée et engagée 
*des déficits chroniques pour nombre d’entre eux générant des dettes inquiétantes- insupportables (déficits et dettes non endossés clairement par le Parlement –ce qui est une anomalie  -comme SNCF)
*une logique générale de fin d’activités de monopole engagée par Bruxelles (directive énergie en 2007 qui a ouvert la voie à Engie privatisé ou Direct Energie), une directive sur les transports longtemps retardée et maintenant appliquée pour le futur en France (avec prudence, jusqu’au délà de 2030)
*Des initiatives hasardeuses dans les investissements comme des comportements extrémistes des personnels  qui conduisent parfois à des catastrophes dans des secteurs où l’Etat devrait lâcher la bride  (RATP naguère qui a pu se restabiliser ; SNCF, chantiers navals,  Air France-KLM soumis à des secousses régulières et ses 14,3% restant à l’Etat
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CONTROLE ET REGULATION
*une politique générale de contrôle et de régulation plus musclée est indispensable, dans une logique d’évaluation des politiques publiques dont s’empare enfin le Parlement
*la tutelle doit se concentrer sur les seuls outils –opérateurs légitimes ;  la privatisation doit se poursuivre de manière avisée (les ex passés ont été trop brutaux et systématiques (autoroutes) car l’Etat n’a pas à se mêler de stratégie de groupe industriel automobile ou portuaire, et même de distribution de courrier : l’Etat n’est pas un chef d’entreprise mondial pouvant supplanter un Carlos Ghosn ou lui donner des leçons sur Renault-Nissan-Mitsubishi même sur sa rémunération flatteuse de 13 M/an votée par l’AG : quelle pertinence encore à ses 15% dans le capital au sein du nouveau n°1 mondial qui multiplie les performances.
Nota : pourtant c’est bien en raison du contexte plus tourmenté de 2014 que l’Etat français tout comme un partenaire chinois sont entrés dans le capital de Peugeot SA alors en difficulté. Position qui a pu être revendue après. L’Etat peut se porter au secours de groupes « stratégiques » en déficit grave ou manque de disponibilités. Soit mais c’est une intervention devant rester exceptionnelle. Le bras armé de la BPI, filiale de la CDC, peut y pourvoir par ses participations mais c’est surtout au service des PME-PMI méritantes et innovantes et même TPI.
*les grands opérateurs historiques perdent inexorablement des parts de marché, poussés par une concurrence efficace, source de prix plus bas et de bénéfices d’exploitation avérés avec des personnels motivés (Direct Energie depuis 2003 et ses 2,5 M de clients qui vient d’être racheté par le groupe pétrolier TOTAL pour 2,5 Mds (avril 2018) : une position croissante à 7% du marché et une projection à 15% d’ici 2022, que devrait ne pas sous estimer le PDG d’EDF, fort de ses parts de marché encore massives (mais il perd des centaines de milliers de clients chaque année)
Au demeurant la concurrence par Total (4è mondial) dans les énergies nouvelles devient « électrique » avec EDF qui ne croit pas à la pertinence de la stratégie du pétrolier dans l’électricité et les énergies renouvelables, en pointant avec ironie la perte d’exploitation de la filiale américaine SunPower (1,5 Md depuis 2013) et se montre agacé des initiatives déterminées du pétrolier : acquisition en 2016 du belge Lampiris, puis 23% d’ Eren Renewable Energy, la société de Pâris Mouratoglou, ex patron d’EDF Energies nouvelles (avec perspective du total), une société qui a investi fortement dans les pays ensoleillés et ventés comme Grèce, Inde, Israël ou Ouganda (3 giga de capacité annoncés pour 2020 et 5 en 2022) : c’est un joli coup qui peut titiller le mastodonte EDF, sans doute moins réactif et plus tenaillé au regard de la sensibilité « politique » de toutes ses actions et du contexte lourd de fermeture annoncée par le ministre –en tout cas promis- de 17 réacteurs à l’horizon 2025 soit le tiers environ du total : annonce sans doute encore illusoire, à regarder la difficulté concrète de fermeture effective de Fessenheim, la première du genre !. En tout cas le PDG de Total est un manager stratège de première qualité, excellent successeur du regretté de Margerie qui avait porté son groupe au firmament des alliances et partenariats (Russie notamment). Des vrais capitaines d’industrie, ce que s’efforce d’être aussi Jean Bernard Lévy, ancien patron efficace de Vivendi et de Thalès (2 ans seulement), appelé en novembre 2014 à cette présidence emblématique et exposée d’EDF par le chef de l’Etat sans pouvoir vraiment répondre par la négative. Pas sûr que le poste ait été vraiment désiré ! Challenges du 28.09.17
*un portefeuille boursier d’Etat d’environ encore 80-85 Mds qui a beaucoup évolué, en général à la baisse (France Telecom ou Air France) : on peut s’en féliciter mais cela représente une année de déficit budgétaire courant !
*il reste quelques beaux « bijoux de famille » susceptibles d’être cédés en Bourse ou à un candidat déclaré qui serait jugé pertinent  -opération faisant sens comme :
-AccorHotels face au groupe Air France-KLM (mai 2018- on parle même d’un échange d’actions) au regard de la complémentarité d’activités : l’Etat se dégagerait de sa position ambiguë/intenable sur le conflit social rampant des personnels navigants (pilotes surtout) qui cultivent une posture jusqu’au boutiste déraisonnable. Que pèse en effet sa part de 14,3% et un cours boursier dégradé de 50% en 5 mois à 7,5€ (certes restant justement l’actionnaire de référence), alors que la seule présence encore de l’Etat même modeste au capital –avec 64% de flottant- est perçu comme une opportunité de solliciter la tutelle historique et d’invoquer l’adossement des salariés à la puissance publique…. Pour ne rien craindre et tout exiger en termes de rémunération (+6% tout de suite !) et conditions de travail déjà avantageuses.
Engrenage infernal, très embarrassant au plan médiatique alors que le président annonçait en septembre être sorti « d’une situation de défiance », qui peut aboutir à une disparition à terme de l’emblème national (comme la Suisse ou l’Italie en très mauvaise passe) : or l’alliance avec KLM qui est davantage responsable en gestion et fait 2 fois plus de bénéfices voit d’un œil de plus en plus exaspéré ces débordements français par une grève absurde qui jette l’opprobre sur la compagnie tout entière et son renom (épisode récent des chemises arrachées de dirigeants poursuivis et molestés par des agents hystériques dont certains ont été renvoyés suite à jugement !). Or cette compagnie hollandaise a survécu à travers cette alliance présentée comme une aubaine à exploiter. Après des débuts prometteurs, Air France revient à ses vieux démons de contestation et de pression de la part des commandants de bord rémunérés toutefois autour de 18.000€/mois jusqu’à 25.000. Difficile de prétendre à une position médiocre et d’exiger d’un coup –en l’espèce – la totalité des bénéfices d’exploitation de l’année précédente sur une hausse salariale du personnel. Invraisemblable de provoquer un coût de grève de plus de 200 M et ne pas accepter la proposition équilibrée de la direction (un M. Janaillac pondéré et compétent, aux commandes depuis 2 ans qui a mis son poste en balance sur une consultation interne- question trop évasive- et a décidé de partir). L’étalement était indispensable sur quelques années. Il en va de la survie de la société ! Il faut souhaiter bon courage au successeur à trouver, et là encore c’est un casse-tête pour repérer une perle rares désireuse d’aller au charbon !
Rappel : un chiffre d’affaires prometteur de 26 Mds en 2017 avec +3,8% (+5,6% de passagers) et un bénéfice d’exploitation de 588 M après des années difficiles
-la filiale HOP ! mise en place non sans difficulté qui manque cruellement de pilotes (attirés tous par Air France, obligeant à des maintiens au sol de plusieurs avions et des annulations de vols
-la filiale Joon, enfin acceptée par les pilotes –de moindres rémunérations mais un processus d’intégration prioritaire dans AirFrance lors de vacances- qui a pris on envol sur le marché davantage low cost sur le moyen courrier et dès 2018 sur le long courrier ; la low cost Transavia enfin profitable avec ses 29 appareils programmés à 40 d’ici 2020 (bon remplissage des avions et prix plus élevé du billet). Cette activité est promise à un net développement.
-des coûts plus élevés que ses concurrents (cotisations patronales, taxation plus lourde) : le coût total d’un pilote pour la compagnie, pour un salaire net de 100 est de 274 en France, 210 en RFA et 106 à Dubaï ; un besoin de progrès de productivité espéré possible de 1,5% par an
-de résultats remarquables des concurrents qui montrent que le groupe AF est en retard (IAG avec +3 Mds et près de 2 pour Lufthansa
-en septembre 2017 une alliance renforcée au capital (8,8%) a joué avec deux acteurs Delta Airlines –le marché nord américain le plus rentable du groupe- et China Eastern (depuis 2010) complété par une entrée dans Virgin Atlantic, autre partenaire : ces liens capitalistiques apparaissent comme la voie la plus efficace pour intégrer davantage le marchés américain et asiatique, et répondre à la concurrence vive issue des autres groupes européens survivants et renforcés (IAG emmené par British Airways-Iberia lequel s’intéresse à la prise de contrôle de la compagnie low cost norvégienne- mauvaise nouvelle pour AF sur ce créneau, et la Lufthansa)
-des résultats d’exploitation constatés encourageants et positifs en 2017 liés aussi au faible coût relatif du carburant : mais la situation en 2018 se dégrade sur ce point
Par ailleurs vendre certes, mais c’est une option peu enthousiasmante dans un contexte où le cours boursier a perdu 50% de sa valeur en peu de temps (sur 2018) et où les concurrences s’aiguisent entre blocs de compagnies réunies au sein de leurs alliances (Skyteam pour AF)
- ADP-Aéroports de Paris déjà partiellement privatisé (une première frontière avec l’étranger au sein de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle d’où un enjeu évident de sécurité nationale). Voilà une pépite nationale en forte croissance avec une évidente attractivité liée à la force touristique pour des groupes déjà parties prenantes comme le groupe de BTP VINCI (décider de passer sous la barre des 50% obligera à une loi) : une espérance de 8 Mds de recettes évaluée au cours de mars 2018. Les élus franciliens sont vent debout contre une décision présentée sans concertation « d’aliénation du patrimoine national ». Pourtant, le contexte de 45-46 qui s’ouvrait sur un développement de la plate forme aéroportuaire parisienne, sur une superficie enviable à Roissy n’a plus rien à voir avec l’environnement mondialisé du trafic qui illustre des concurrences acharnées entre hub européens. Le pôle de Paris-Ile de France doit pouvoir remporter une victoire sur Frankfort et même sur Londres par un hub performant et fluide –vers les Amériques et vice versa-, au regard de son attractivité remarquable touristique (plus de 80 M de touristes/an, 1è destination mondiale devant l’Espagne ou l’Italie)
-ou la FDJ . Mais la posture idéologique de certains opposants à ces « bradages » (syndicats, PS) peut perturber le jeu et le respect du sens général du service public (ne pas encourager l’addiction au jeu). Elle peut infléchir certaines options de revente –et de perte de responsabilité publique ou en tout cas se limiter à une vente partielle (conserver une minorité de blocage).




Un organigramme étonnant dont le commentaire valait le déplacement. Dommage pour les absents...




samedi 2 juin 2018

Hommage à Jean-Claude Boulard, fondateur du Cercle Montesquieu et président d'honneur



Jean-Claude Boulard maire du Mans et fondateur de notre Cercle de réflexion, nous a quittés vendredi .
Homme de grande culture et d'ouverture, il avait lancé la création du Cercle Montesquieu en 2011. Il souhaitait faire réfléchir autrement sur les problématiques du monde contemporain. Depuis nous avons bien cheminé allant de réunions en conférences, brassant des approches intellectuelles différentes sur des sujets très divers mais finalement tous liés : santé, éducation, justice, gouvernance... 
Mardi 5 juin lors de la trentième conférence du Cercle nous lui rendrons hommage.
Jean-Claude Boulard était curieux, enthousiaste et plein d'espoir pour un avenir meilleur et une société plus harmonieuse. Il nous a toujours fait confiance et donné carte blanche, c'est le plus grand cadeau qu'il nous ait fait.
Vendredi 25 mai, nous recevions le journaliste et écrivain, Ivan Levaï. A l'issue de sa conférence sur l'actualité et l'évolution du métier de journaliste, Ivan Levaï avait pu aller au chevet du maire. " Jean-Claude Boulard n'a pas parlé de ses souffrances mais de ses projets. Il rayonnait en évoquant ses livres et sa ville, son projet d'Encyclopédie des savoirs des peuples premiers". Jusqu'au bout il aura ainsi œuvré pour les Arts et la Culture avec une extraordinaire force et foi dans la vie.
Nous présentons toutes nos condoléances à sa famille.

Nicole Anquetil, présidente du Cercle.

lundi 28 mai 2018

L'Etat et ses démembrements, une gouvernance défaillante? Par Claude Bonnet Inspecteur Général honoraire du Ministère de l'Ecologie et du développement durable


Monsieur Claude BONNET inspecteur général honoraire du Ministère de l'Ecologie et du développement durable interviendra sur ce sujet d'actualité brûlante et posera toutes les bonnes problématiques sur la gouvernance de l'Etat. 
Je connais M. Bonnet depuis 15 ans puisqu'il venait chaque année perturber mes cours de géopolitique et secouer de façon très énergique mes chers élèves sur de beaux sujets d'actualité. Chaque année les élèves le redemandaient, ce qui prouve son grand talent à remuer les méninges!
C'est ce que lui ai demandé de faire en l'invitant dans le cadre du Cercle Montesquieu qui est bien un cercle de réflexion.
Sa très grande culture, son inlassable curiosité, ses revues de presse fouillées et son franc-parler devraient vous réjouir. 
Mais attention, il pourra en interroger certains ou certaines! C'est un grand pédagogue qui parcourt encore la France et les écoles de commerce car il aime avant tout le terrain.


jeudi 24 mai 2018

IVAN LEVAÏ le 25 mai à 18 h au Carré Plantagenêt.


Il reste encore quelques places.
Merci de vous inscrire obligatoirement à l'adresse suivante: cercle.montesquieu.lemans@gmail.com


Réfléchir à notre époque en prenant du recul et en s'appuyant sur une solide et belle expérience de vie et de journalisme, c'est ce que nous propose Ivan Levaï.
Le monde a changé et à l' ère de l'instantanéité et de l'impatience comment percevoir et comprendre le monde? Comment le métier de journaliste politique et géopolitique évolue-t-il? Autant de questions que nous pourrons poser à Ivan Levaï le 25 mai.


Ivan Levaï est né le 18 mars 1937 à Budapest. Alors qu'il n'est encore qu'un enfant, Ivan Levaï et sa mère quittent la Hongrie pour se réfugier en France. Après la mort de sa mère à Paris, Ivan est confié à l'OSE ( Œuvre de secours aux enfants) qui le cache à la campagne pour le mettre à l'abri des persécutions antisémites du régime de Vichy. Il reçoit une instruction religieuse protestante puis catholique.. Après la guerre, à la fin de ses études, il devient instituteur, puis professeur de lettres. Il enseigne à l'école du dimanche ( le catéchisme pour les enfants protestants.
Passionné par l'information, il rejoint l'association Presse Information Jeunesse, qui lui fait rencontrer des journalistes. Il se lance lui-même alors dans le journalisme. Il entre au service de la jeunesse de l'ORTF et anime, en 1963 et 1964, une émission sur France Inter en compagnie de José Arthur , Claude Dupont et Michel Godard: Les Ardugos. Il participe aussi à la création de la deuxième chaîne de télévision avec l'émission Main dans la main. 
En 1966, Ivan Levaï rejoint l'équipe de Françoise Giroud à L'Express, responsable de la rubrique Education-Jeunesse.
Ivan Levaï devenu en 1969 professeur "d'expression française" dans des lycées parisiens, poursuit sa carrière comme animateur à France Inter, puis devient chef du service politique d'Europe 1 en 1972-74, responsable de la revue de presse matinale sur les ondes d'Europe 1 et animateur de l'émission Expliquez-vous en 1973-1984.
Décrit comme un" homme de gauche", il est un proche de François Mitterrand, dont il écrit, le 10 mai 1981, la déclaration d'élu.
En juin 1981 il crée l'émission quotidienne Radio libre à... avant de prendre la direction de la rédaction d'Europe 1 en 1983-1985.
Il assume ensuite la responsabilité des rédactions des quotidiens Le Provençal et le Soir ( 1987-1989).
 Il retourne à Radio France en tant que directeur de l'information jusqu'en 1996.
Après la direction déléguée du quotidien La Tribune en octobre 1997, Ivan Levaï lance la Chaîne parlementaire de l'Assemblée nationale.
En parallèle à la revue de presse de France Musique dont il est chargé en 1999, il relance l'historique magazine Tribune juive créé par des juifs ashkénazes d'Alsace en 1945. Il en assure la direction.
En automne 2005, il revient à France Inter où il produit et anime l'émission Intermedia consacrée aux média. 
De 2006 à 2014, il présente la revue de presse Le Kiosque sur France Inter.
Il est président de l'Association Presse-Liberté.

Ouvrages 

  • Casse-croûte électoral, 1973.
  • Israël, mon amour, Le Seuil,  juin 2006.
  • Et pourquoi pas ? Entretien avec François Michelin, avec Yves Messarovitch, 15 juin 2006.
  • Peut-il y avoir une spiritualité sans Dieu ?, avec Jacqueline Costa-Lascoux et Paul Lombard, 19 octobre 2006.
  • Cité Rouge avec Christiane Ben-Barek,  avril 2006.
  • Vous devriez mettre une cravate bleue, octobre 2002.
  • Les 577, des députés pour quoi faire ?, avec Paul Quilès.
  • La République des mots, Michel Lafon, avril 2001.


mardi 17 avril 2018

Le Docteur Jean-Michel Verret dresse le compte-rendu de la conférence du Professeur Serge UZAN.


Devant une assistance nombreuse et  attentive, le professeur Serge UZAN nous a présenté sa conférence : « Les algorithmes et l’intelligence artificielle vont-ils détrôner la médecine conventionnelle ? ».


Il est actuellement conseiller spécial du président de Sorbonne Université, conseiller national de l’Ordre des Médecins et président de la commission de recertification des médecins ainsi que directeur de l’institut universitaire de cancérologie.

Il va  exposer   les questions qui feront la trame  de ses propos : vers quelles  évolutions disruptives  va-t-on ;  atteindront-elles leurs promesses ;  comment faire évoluer la formation des médecins et que restera –t-il de la relation entre le médecin le patient et surtout que souhaitent les patients eux-mêmes.

Définitions essentielles pour la compréhension:
Compte tenu de la nouveauté du thème, Serge UZAN a  commencé par définir des mots l’humanisme actuel qui sera suivi d’un trans-humanisme de progrès utilisant une intelligence artificielle faible s’appuyant sur les algorithmes et les robots puis un trans humanisme de rupture avec  un risque d’ eugénisme, de bio totalitarisme en rapport avec une intelligence artificielle forte imposant des décisions logiques sans humanité et peut-être une médecine d’augmentation (puce dans le cerveau, par exemple). 

Les algorithmes, ce sont des séquences prédéfinies d’instruction qui permettent au cas par cas de classer et de procéder à des calculs. Le Deep Learning, c’est l’utilisation d’algorithmes complexes constitués de plusieurs couches de réseau neuronaux, permettant  un auto-apprentissage et de créer des liens et des notions qui n’ont pas été fournies à la machine. Le système expert : un système d’intelligence artificielle correspondant un domaine spécifique comme la médecine. La machine Learning étend la capacité d’un système expert et l’entraîne à s’améliorer elle-même au fur et à mesure de son fonctionnement. Cela peut conduire à la création de  blacks box ou boîtes noires où un système de Deep Learning aboutit à un résultat sans que l’on sache comment identifier la procédure le permettant.

L’intelligence artificielle faible est  la science de programmer des ordinateurs pour qu’ils réalisent des tâches qui nécessitent l’intelligence quand elles  sont réalisées par des êtres humains). 

L’intelligence artificielle forte correspond à  une automatisation  d’activité que nous associons à la pensée humaine comme la prise de décision, la résolution de problèmes et surtout l’apprentissage. Il est évident que les boites noires présentes un danger puisque la machine donne des réponses sans fournir d’explications rationnelles. C’est pourquoi,  le Sénat veut  imposer que, sans mention relative aux algorithmes ayant abouti à  une décision administrative, celle-ci  soit nulle.
Le facteur différenciateur dans l’intelligence artificielle réside davantage dans les données et les hommes que dans les algorithmes ;  d’où l’importance majeure que constituent des bases de données et la véritable guerre d’acquisition de ces données que se livrent les GAFAM (Google, Amazone, Facebook, ?? Microsoft).
Une diapositive été particulièrement troublante : Celle de la reconnaissance d’une banane  par un ordinateur. Si l’objet est isolé, aucune erreur.  Mais si on y associe un autre objet, voire sa reproduction photographique, les erreurs se multiplient, jusqu’à  effacer la  reconnaissance du premier objet.  . Cela pose le problème de la fiabilité de la conduite autonome dont la  prise de contrôle avec un usage malveillant pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Serge UZAN  a terminé cette partie concernant l’évolution de l’intelligence artificielle par le post humanisme et le principe de la singularité s’appuyant le très beau livre de Jean Gabriel GANASCIA « Le mythe de la Singularité » : quelles que soient les modalités d’apprentissage des algorithmes, les machines n’acquièrent pas pour autant d’autonomie au sens philosophique du terme car elles restent soumises aux finalité imposées par ceux qui auront annoté les exemples dans la phase d’apprentissage (du moins pour l’instant).
Dès maintenant, l’intelligence artificielle ou les robots ont permis des réussites au-delà de ce qu’on pensait réalisable  comme la réparation du génome,  le cœur artificiel, la rétine artificielle, la thérapie génique, les greffes d’organes nouveaux comme l’utérus.
 Il a parlé d’Emmanuelle Charpentier et  de Jennifer Dounda qui ont inventé le ciseau génétique (le CRISPR cas 9). C’est ainsi que des chercheurs ont réussi à corriger dans 42 embryons de laboratoire sur 58 un gène porteur d’une maladie cardiaque.  Mais cela peut  entraîner des risques « d’impact erratique » avec des effets délétères tout à fait majeurs. (Le lien avec le thème de son exposé ne m’a pas paru évident, mais parler de probables futurs prix Nobel n’était pas sans intérêt).
Compte tenu de ses activités en cancérologie, le professeur UZAN a pris l’exemple de la médecine personnalisée avec les progrès entraînés dans cette spécialité que ce soit pour les cancers du sein ou les cancers de la peau qui sont reconnus de façon plus rapide que par un dermatologue entraîné.
Il a évoqué  la recherche inversée permise par l’IA. C’est à partir des résultats que l’on pourra formuler des hypothèses, alors qu’auparavant l’on formulait des hypothèses dont on validait la justesse par l’expérimentation, exemple du curare : Claude Bernard a hésité entre localiser l’action du curare au niveau du nerf ou au niveau du muscle. Sans pouvoir évoquer la bonne réponse puisque le site d’action était la plaque neuromusculaire dont on ignorait encore l’existence. Pour Serge UZAN, l’analyse des résultats aurait évoqué l’existence de ce lieu avant que l’on ne la découvre au microscope. 

Les risques de l’IA
La prise de pouvoirs de machines incontrôlables appartient aux mythes de la science-fiction.
La soumission de l’individu à la décision prise par un  décideur  (l’IA)  qu’il estime supérieur à lui ; avec un renoncement à son esprit critique.
Et c’est là que les boites noires seraient particulièrement inquiétantes. Une diapositive été particulièrement troublante : Celle de la reconnaissance d’une banane  par un ordinateur. Si l’objet est isolé, aucune erreur.  Mais si on y associe un autre objet, voire sa reproduction photographique, les erreurs se multiplient, jusqu’à  effacer la  reconnaissance du premier objet.  . Cela pose le problème de la fiabilité de la décision comme celle de la conduite autonome dont la  prise de contrôle par un  malveillant pourrait avoir des conséquences dramatiques.


Les bénéfices de l’IA
Grâce au traitement des données extrêmement larges comme celles dont on dispose en France avec la sécurité sociale entre autre l’on pourrait voir apparaître précocement  des signaux sanitaires profanes issus des réseaux sociaux,    entraînant une meilleure sécurité pour les médicaments.
 Il est revenu au patient et à la médecine. L’important est l’adhésion du patient à  la stratégie qui leur sera proposée. Si on peut accepter un diagnostic et un traitement envisagés par un médecin en qui l’on a confiance, est-ce qu’on le pourra avec un robot, même si on est convaincu qu’il a été alimenté par les données les plus récentes ?  Ainsi un robot pourrait-il intégrer les sentiments du patient dans son « raisonnement » Il est fréquent qu’un patient  exprime les termes « je ne comprends pas », « je ne veux pas », « je préférerais », « je vais réfléchir », etc. et surtout poser une des  questions  des plus:  « que feriez-vous si j’étais votre mère votre sœur, votre fille,  etc. »
La construction de la décision médicale reposera sur des paramètres établis scientifiquement par les voies de la biologie, des mathématiques en ayant recours aux algorithmes.  La question primordiale : la prise de décision doit-elle être assistée par l’analyse de données ou doit-elle  être dirigée par ces algorithmes issus de ces données ?
Pour Serge UZAN, t la bonne décision sera le résultat de la confrontation des solutions proposées par les données (data Systems) et de la discussion   en réunion de concertation pluridisciplinaire avec une décision partagée par des médecins.
Par rapport à nos premières années d’exercice,  le médecin  ne peut plus être seul face à la maladie. C’est un ensemble de soignants, qui se concertent pour combiner  tous les aspects de la prise en charge, biologie,  psychologie et de l’éthique à la chirurgie pour optimiser le soin. 

L’on ne doit pas avoir peur de l’intelligence artificielle.
La médecine pourra être encore plus humaine grâce à l’aide de l’intelligence artificielle, des algorithmes et de la prise en compte de l’écologie : en libérant du temps médical, ils pourront l’aider à un  partage de  la décision avec le patient et en réduisant le stress de l’erreur ou de l’oubli,  lui permettre un exercice de la médecine plus serein.
C’est l’essentiel à savoir la parole, l’écoute, l’échange, la compassion, l’empathie et surtout la capacité de particulariser la décision ou plus simplement de respecter le choix des patients et finalement le doute.
 Reste la possibilité de transgression, parfois dangereuse,  parfois bien utile. Ainsi la volonté d’une patiente atteinte d’un cancer a conduit Serge UZAN à lui administrer une chimiothérapie alors qu’elle était enceinte. Ce geste totalement interdit à l’époque, pour des raisons de prudence est devenu de pratique courante, dans certains cas et avec certaines molécules. Cette transgression aurait-elle été facilité par l’analyse des BIG DATA ou au contraire strictement interdite par les mêmes ? Le Pr UZAN n’a pas discuté ce point. 

Les conclusions du professeur UZAN  sont très positives. 

Le temps sera libéré pour la relation humaine.
La formation des médecins en e-médecine va devenir un temps fort tout au long de l’exercice.
L’apprentissage par simulation va devenir un temps essentiel de la formation  des médecins. Le Pr UZAN  Serge a déjà développé l’adage : « jamais la première fois sur un patient » en permettant de simuler certaines actions thérapeutiques avant de les mettre en œuvre pour pouvoir en apprécier les conséquences et optimiser leur réalisation.
Parmi les messages forts, il devient  indispensable  d’enseigner aux étudiants de travailler au sein d’une même équipe, d’enseigner la transgression, l’éthique, le médico-légal.  Il sera toujours nécessaire d’intégrer le partage de décision avec le patient. À ce titre le maintien d’une relation humaine soignant soigné forte sera capable de transgresser loyalement les recommandations habituelles  et d’adapter les stratégies thérapeutiques aux souhaits et choix des patients.
Le Pr UZAN a insisté sur la nécessité dans la recertification (une de ses missions au sein du Conseil National de l’Ordre) d’une formation à la télémédecine,  véritable culture du partage d’informations qu’il faut enseigner à  tous les acteurs de santé afin d’offrir ensuite un suivi continu auquel le patient correctement formé pourra  lui-même accéder
Le patient sera intégré à un nouvel écosystème de démocratie sanitaire avec un rôle de plus en plus important des associations de patients. L’émergence de pathologies nouvelles, comme le SIDA,  ont conduit à cette prise en compte de plus en plus importante du rôle du patient.  C’est ainsi que dans l’université Pierre et Marie Curie a été créée une université de patient délivrant un diplôme.
En conclusion, même si cette prise en charge couplée médecin(s) machine et patient peut faire peur, le Pr UZAN pense que des médecins mieux formés au dialogue, à la discussion stratégique, pourront utiliser les BIG-DATA et l’IA pour le bien commun des patients, sans soumission à la machine. Et pour cela apprendre aux étudiants, esprit critique, respect de la parole du patient et humanité.
Comme la langue d’Ésope, l’IA peut être la meilleure, comme la pire des choses. 

Confiance réciproque entre le médecin et son patient leur servira à tous deux de conscience commune.

La conférence sera suivie de questions auquel le Pr UZAN répondra avec précision, confiance en l’avenir, humanité et sens éthique. La dernière aura trait à donner confiance, au patient, aux étudiants, aux praticiens.